Le conte des jeunes

 

1 - Jacques Cassabois :

" Quel brouillard ! s'étonna la maman en regardant par la fenêtre. On voit à peine les maisons d'en face. Un brouillard à couper au couteau, vraiment. On pourrait presque le tartiner sur du pain !... Il faut que je secoue les enfants. Aujourd'hui, il leur faudra plus de temps que d'habitude pour aller à l'école."
Elle entra dans la chambre, alluma la lampe et tapa dans ses mains :
" Allez, allez ! Debout, c'est l'heure, paresseux !... "
Les enfants s'étirèrent, bâillèrent, rouspétèrent qu'il était trop tôt, que le réveil avait pris de l'avance pendant la nuit, replongèrent même sous les couvertures, mais finirent par se lever car ils savaient que leur mère ne plaisantait pas avec l'exactitude.
Depuis la cuisine, ils découvrirent le brouillard, à leur tour.
" Il fait même pas jour ! C'est bien ce qu'on avait dit. Le réveil a pris de l'avance pendant la nuit !...
- Oui, oui... et si vous continuez à discuter, vous aurez bien besoin de son avance pour rattraper votre retard ! "
Elle savait que si elle les laissait parler, elle n'aurait pas le dernier mot.
" Déjeunez et filez vous laver... Ouste ! "

Un quart d'heure plus tard, ils étaient prêts à partir. Avant d'embrasser leur mère, l'un prit le livre de bricolage qu'il ne quittait jamais, l'autre sa flûte et le dernier son élastique pour la récréation.

C'est lorsqu'ils furent dans la rue que la maman se rendit compte que le brouillard avait encore épaissi. Elle voulait leur faire un petit signe par la fenêtre, mais on ne voyait plus le trottoir.

" J'aurais peut-être mieux fait de les garder à la maison aujourd'hui, pensa-t-elle. "

Et soudain, elle se sentit inquiète...

 

2 - classe de cp-ce1 - Boissise la Bertrand :

Le brouillard était tellement épais que les enfants avaient du mal à suivre leur chemin. Pourtant, ce chemin, ils le connaissaient par cœur : il fallait d'abord longer la rue devant la maison, puis traverser le petit bois derrière la maison pour arriver dans le quartier de l'école.

Qu'est-ce qu'il faisait froid ! Arrivés devant le bois, ils essayèrent d'aller plus vite car il faisait encore plus sombre, comme si tout à coup, ce bois était devenu une immense forêt qu'ils n'arriveraient jamais à traverser.

Brusquement l'aîné qui avançait le premier eut l'impression de ne plus rien reconnaître … Il s'arrêta, regarda autour de lui, mais ne vit pas les toits de l'école qui lui auraient indiqué le chemin. Ils ne savaient plus où ils allaient, et à ce moment-là, ils entendirent des craquements de branches tout près d'eux.

Effrayés, ils se mirent à courir, mais les cartables étaient si lourds ! Ils trébuchèrent, se relevèrent et arrivèrent devant un petit pont en bois qu'ils n'avaient jamais vu. Le plus petit hurla, une partie du pont était pourrie et avait failli s'écrouler sous ses pieds !. Après le pont, ils s'arrêtèrent pour voir s'il ne s'était pas fait mal. Rien de cassé, mais cette fois-ci ils entendirent un bruit de pas derrière eux : un pas lourd, et une espèce de souffle bruyant. La course folle reprit, ils couraient de toutes leurs forces mais ces maudits cartables étaient vraiment trop lourds. Comme par miracle apparut la maison du garde champêtre. Comme elle semblait immense, rassurante, elle au moins n'était pas enveloppée par le brouillard ! Il y avait autour comme une lueur brillante, faite pour attirer les regards.

" Sauvés ! s'écria le petit, il pourra nous ramener ".

Ils frappèrent à la porte, mais personne ne répondit. L'aîné tourna la poignée et la porte s'ouvrit. Les bruits de pas se rapprochaient de plus en plus, ils étaient tellement fatigués qu'ils entrèrent et refermèrent bien vite la porte.

Mais ….cette maison était-elle bien celle du garde champêtre ?

3 - classe cp-ce1 - Sallenelle

Le plus grand reconnut tout de suite sur l'énorme cheminée où elle était posée, la photo du garde champêtre. Les trois enfants se trouvaient donc bien chez lui.

Tout à coup, la porte s'ouvrit, ils virent alors un loup qui paraissait très affamé.
Heureusement pour eux, ils avaient eu le temps de se cacher dans le placard à balais.

C'est alors qu'ils aperçurent le loup qui se roulait par terre en poussant des cris effrayants. Il prenait petit à petit la forme d'un être humain.

Le petit ne put s'empêcher de crier : " Au secours! Le loup s'est transformé en garde champêtre... enfin,... le garde s'est transformé en loup... mais... "
Il ne trouvait plus ses mots tellement il avait peur.

L'homme, car il s'agissait vraisemblablement d'un homme, était allongé, là, devant eux : évanoui. Les enfants restèrent dans leur cachette comme paralysés. L'aîné cherchait un plan pour pouvoir s'échapper de cette maudite maison mais il n'arrivait pas à se concentrer.

Un bruit attira leur attention : Monsieur Penez (le garde champêtre loup) venait de bouger un pied, il remuait maintenant les deux bras, il s'étirait. Il secoua la tête, il avait l'impression qu'on lui tapait dessus avec un marteau. Au bout de quelques minutes, il se leva et se dirigea vers la cuisine. Il en revint avec un verre rempli d'une substance bizarre. Un médicament pensèrent les enfants.

En réalité, c'était une potion magique que l'homme-loup s'empressa d'avaler.

Les trois pauvres prisonniers du placard virent alors se dérouler la même scène qu'auparavant, mais à l'envers. Monsieur Penez redevenait un loup. Il se roulait par terre en poussant des cris effrayants. Sur ses mains, des poils marrons poussaient ; au bout de ses doigts, des griffes apparaissaient.

C'était affreux ! Le monstre était de retour...

4 - classe de cp-ce1 - Boissise la Bertrand :

Le loup sentit une odeur qui venait du placard à balais. Il s'en approcha.

Les enfants avaient très peur, ils attendaient que le monstre s'éloigne du placard pour s'enfuir, mais il restait collé à la porte !

Heureusement, l'aîné trouva une trappe par le haut et pendant que le loup attendait, ils firent la courte échelle et se retrouvèrent dans le grenier. Des rats sortirent de leurs trous, un vol de chauve-souris les effraya, des souris coururent partout. Le plus petit trébucha sur un vieux matelas… Les enfants cherchaient désespérément la sortie dans le noir et entre les toiles d'araignée, en essayant de ne pas se faire entendre par le loup.

Enfin ils virent la porte qui menait au jardin !
Ils l'ouvrirent et descendirent en courant le petit escalier.
Mais quand ils la fermèrent, la porte du grenier claqua !

Le loup s'empressa d'aller dehors voir qui sortait. Les enfants avaient un peu d'avance. Comme ils n'avaient plus leurs cartables, ils couraient vite à travers le bois… mais le loup aussi courait vite.

Il allait les rattraper lorsqu'il se fit prendre à un piège.

Les enfants qui couraient toujours arrivèrent devant une petite maison.
Trop fatigués et effrayés pour aller plus loin, ils frappèrent à la porte.

Ils virent une ombre et une belle dame leur ouvrit. Quelle chance, elle allait pouvoir les aider et les conduire à l'école !

Elle leur offrit même un chocolat chaud pour se remettre de leurs émotions.
Mais dans le chocolat, la belle dame avait versé une potion …

5 - classe de cp-ce1 - Sallenelle :

Quelques instants plus tard, les enfants commencèrent à se transformer. Ils n'avaient plus de bras ni de jambes, mais des pattes. Leurs oreilles devenaient pointues. Du poil apparaissait sur leur nez, de longues moustaches poussaient sur leurs joues.

La belle dame avait, en face d'elle, deux charmants petits chats et... un enfant.

- Mais, que s'est-il passé ? Pourquoi n'as-tu pas changé d'apparence ? demanda la belle dame.

Le plus petit, sans attendre la réaction de la " jolie sorcière " attrapa les deux félins et courut jusqu'au jardin. Il enfourcha le vélo et glissa ses deux compagnons dans le panier en osier qui de trouvait devant le guidon. Il pédala de toutes ses forces pour tenter de trouver la maison de la " vieille Gertrude ".

On disait d'elle qu'elle était très laide, qu'elle avait un nez crochu, de grandes oreilles, de gros yeux verts, de grosses mains poilues et ridées, une énorme bouche.
Certains aimaient raconter que ses jambes étaient très maigres, que ses cheveux tenaient en l'air, qu'elle avait un balai de sorcière et un chapeau noir, que son énorme ventre l'empêchait de passer à la porte et qu'elle avait des pieds aussi grands que Berthe-aux-grands-pieds.
Tout le monde avait entendu dire qu'elle avait des boutons, de longs ongles pour griffer, des dents pointues, qu'elle était bossue, et enfin, qu'elle était pleine de magie.

La " vieille Gertrude " connaissait des remèdes pour tout.

Peut-être pourrait-elle aider les deux chats à redevenir de simples enfants ?